(page provenant du site www.psychobiotherapie.com – fév. 2010)


L’inconscient est inconscient, parce que c’est l’inconscient.

[ Carl Gustav Jung ]

Si nous avons besoin de notre capacité de jugement, nous n’en avons pas besoin partout, pour tout et tout le temps. Or, force est de constater qu’il se mêle de tout, et souvent, à notre insu. Nous y sommes tellement habitués que nous ne le remarquons même plus.

Inconscient, jugement et hypnose

« Fais ceci », « Fais pas cela », « Ça c’est bon, mais pas ça », « Il est dangereux de… » excès de « prudence », opinions « téléchargées », « définitives » et sclérosantes…
La voix de la loi – le sur-moi des psychanalystes – si elle a une fonction structurante, implique aussi un prix à payer : notre liberté, notre audace, notre curiosité et notre élan vital d’expérimenter, de se réaliser, bref, de se découvrir.

Notre « jugement », forgé entre l’enclume de notre milieu socio-culturel et le marteau des valeurs familiales, a acquis une forme qui rend difficile de démêler ce-qui-est-vraiment-moi de ce-que-mon-environnement-voulait-que-je-sois.
Notre inconscient, fondamentalement bienveillant – il ne veut que notre bien – se voit souvent intimer l’ordre de se faire oublier afin d’autoriser la vie sociale, nous rendre acceptable. « L’inconscient est inconscient, parce que c’est l’inconscient » disait malicieusement, mais justement, Carl Gustav Jung.

Nous portons un masque. Nous sommes un masque ou plusieurs, selon les circonstances – masque, au sens du théâtre antique : le rôle social, le personnage public, la vitrine.
En tombant le masque, notre élan profond se révèle et s’ouvrent alors des perspectives inouïes.
Car, ce qui incitait nos tentatives, nos essais, nos erreurs aussi, est de la même nature que ce qui a permis des victoires, des créations, notre réalisation et nos rêves.
En échappant au cadre du jugement, souvent utile, mais aussi limitant, il devient envisageable de reconsidérer des événements, des actions, des désirs légitimes qui sont source de vie et d’énergie, porte d’accès à notre être réel. Nous pouvons alors réinvestir notre vie selon des nouvelles significations, mieux adaptées et plus épanouissantes.
L’hypnose donne, entre autres possibilités, de réajuster l’importance de notre « cerveau gauche » raisonnable et raisonneur, bien-pensant mais mal-rêvant, et de redonner voix au créateur en soi – le « cerveau droit ». Elle donne la voix à notre part créative, audacieuse, au « rêveur ».

L’inconscient : réservoir de nos ressources, malle aux trésors

L’inconscient ne peut que se dire, sans cesse – rêves, lapsus révélateurs, métier, hobbies, choix du conjoint, de la voiture etc.
Il s’évertue à me dire qui je suis, ce que je suis appelé à être : moi-même (moi m’aime !)
Il s’exprime sous forme de métaphores, de symboles qui parlent de moi, pour moi, à moi.
Son objectif est de maintenir mon équilibre, m’amener à mon unité. En cela il est foncièrement bienveillant. Il veille à mon bien.

Le bio-décodage nous apprend, en plus, qu’il est biologique. Ce qui est logique : une part au moins de son « support » étant notre corps qui lui-même est constitué de systèmes (respiratoire, sanguin etc.) composés d’organes, construits de tissus organiques avec des fonctionnements (physiologie) qui suivent les lois de la Nature, laquelle est manifestation de la Vie (du grec « bio ») sous ses formes les plus variées. CQFD.

Mon inconscient mémorise toute mon histoire, mais possède également les informations importantes issues des générations précédentes – ce qu’il faut savoir et savoir faire pour survivre.
Il contient aussi, les valeurs de ma famille, du « clan », ce qu’il faut pour être accepté par mes parents : Projet-sens ou inconscients parentaux, systémie familiale et autres informations révélées par la recherche psycho-généalogique. Il a également mémorisé les règles et la loi pour me rendre sociabilisé et intégrable à la société (culture…), faire partie de l’espèce (stratégies gagnantes inscrites dans notre évolution ; cf. les articles sur le bio-décodage).
Il stocke, mes expériences, traumatismes, chocs, que j’ai vécus. Mais aussi, il leur attribue le sens, la valeur que je leur ai prêtée et qui aura présidé à mes décisions, mes choix, les mises en place de mes mécanismes d’adaptation.

Inconscient logique… oui, mais biologique

Les stratégies biologiques ne visent que notre survie ; se battre pour survivre, muter pour survivre, stocker l’énergie, maintenir la chaleur, se reproduire… pour survivre, toujours.

De même, l’un des rôles de l’inconscient est de nous protéger, de trouver et mettre en œuvre des solutions destinées à nous prémunir de tout ce qui représente un risque.
Il est bien intentionné et fonctionne merveilleusement bien.
Cependant, ses critères d’appréciation peuvent présenter un décalage par rapport à la réalité objective. Ce qui représente un risque passe par le filtre de nos expériences et nos croyances. De plus, la solution enclenchée peut parfois paraître disproportionnée au regard de la situation.

Son pouvoir s’étend sur une multitude de processus biologiques de régulation (hydrique, hormonal, sanguin…) qui échappent pour la plupart complètement à notre volonté ; pour notre survie d’ailleurs ; s’il fallait décider de l’action de chacun des muscles intervenant dans la marche, faire un pas pourrait prendre la journée, sans que nous ayons pu faire autre chose, comme respirer, manger ou surfer sur internet.
Au cours de l’évolution, nombre de programmes biologiques nécessités pour notre survie sont pris en charge par notre inconscient.
Neurologiquement, les plus archaïques sont dévolus au cerveau reptilien (tronc cérébral), les plus évolués (récents) mobilisant plutôt le néo-cortex.
En plus de décharger notre conscience du fonctionnement automatique de notre corps, il la dispense des informations jugées sans intérêt vital recueillies constamment par nos sens. Selon les espèces, la réalité peut changer de couleurs. Entendre les ultrasons est possible pour les chiens, qui sont en outre capables de distinguer environ cent fois plus les odeurs que nous. D’autres espèces percevront des fréquences de lumière (UV, IR…) que l’homme ne verra pas sans organes externes manufacturés.

Mon inconscient gère l’ensemble de mon fonctionnement physiologique. Il décide des solutions biologiques à mettre en œuvre selon mon acquis (génétique…) en interprétant les situations selon le sens que je leur attribue. Il ne fait pas la différence entre réel (objectif), ce qui est perceptible, et virtuel (subjectif), ce que je crois percevoir.

RÉEL (Situation)

SUBJECTIF « psy » (Filtres : croyances)

SUBJECTIF « psy » (interprétation)

SUBJECTIF « psy » + « bio » (ressenti)

RÉEL réaction (action, comportement, maladie…)

Ce que permet l’état d’hypnose

La transe hypnotique, de profondeur variable, est un état de conscience modifiée. Elle permet d’accéder à d’autres niveaux de conscience – ou d’inconscience ! – où il devient possible de découvrir des aspects méconnus de notre réalité et des capacités parfois négligées.

Il s’agit d’un état différent de la veille et du sommeil. La part, hypertrophiée à l’état de veille, de notre raison diminue et permet des associations, des audaces de création… Il devient alors facile de faire ce que l’on ne s’autorisait pas à faire sous la pression de notre jugement.

Pourquoi accéder à notre inconscient ?
Parce que si notre conscient suffisait, nous aurions résolu ce qui nous perturbe depuis longtemps !

Certains prétendent que les vraies créations, les découvertes (souvent fortuites) n’ont pu se faire qu’en laissant un champ d’action plus vaste à l’inconscient.
Louis Pasteur disait que « le hasard ne sourit qu’aux esprits préparés ». On pourrait ajouter « … après qu’ils aient lâché prise ».
On ne peut faire de découverte que là où l’on n’est jamais allé.
En cherchant les Indes, il nous arrive de découvrir les Amériques !…

L’hypnose permet d’établir une connexion entre conscient et inconscient, afin de mettre à notre disposition des capacités non encore utilisées ou employées dans un contexte autre afin d’élargir la palette de nos comportements disponibles ou de modifier un mode de réaction inapproprié (attitude, émotion, jugement).

Elle favorise une adaptation à la réalité en agissant sur le niveau subjectif.
Inconsciemment, nous sommes constamment en quête de « confort », c’est-à-dire d’adaptation de notre façon d’être, de réagir, en fonction de notre représentation de notre environnement.
A l’intérieur de moi, ce qui arrive devient subjectivement ce qui m’arrive. Inconsciemment, automatiquement, constamment.
L’état de transe hypnotique donne l’opportunité de voir en toute quiétude, sans être distrait par l’extérieur, ce qui se passe en soi. Il devient possible de modifier la partie subjective de ce qui nous arrive, seule zone où l’on a pouvoir ; le réel quant à lui étant ce qu’il est.

RÉEL (Situation)

SUBJECTIF modifiable car accessible (croyances, interprétation, ressenti)

RÉEL réaction optimisée

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