« L’être humain n’est pas un objet, mais un être qui choisit son destin. Dans les limites de ses dons naturels et de son environnement, il est responsable de ce qu’il devient. » Dr. Viktor E. FRANKL

Découvrir Un Sens à sa Vie avec la Logothérapie – V. FRANKL (1959, 2008 à 2013, Les éditions de l’Homme)

La thérapie n’est pas une technique

Si l’être humain n’était qu’une simple mécanique, la thérapie pourrait n’être qu’une simple technique.

Le technicien induit la machine. En d’autres termes : si je suis l’un, vous êtes l’autre.
Chosifier, comme infantiliser, les personnes « permet » (?!) de leur ôter le pouvoir de décision quant à leur propre vie.
Un thérapeute authentique s’astreint à ne pas faire de la personne venue le consulter l’objet de son savoir-faire. D’abord ne pas nuire, donc ne pas aliéner. La thérapie n’est pas la « dépossession de soi », c’est tout l’inverse.

Le but d’une thérapie est de rendre le consultant autonome – étymologiquement : « générateur de ses propres lois » -, donc responsable de sa vie. Et en premier lieu de SA thérapie.

La thérapie comme processus

La thérapie est ce qui se passe dans la personne qui se trouve « en » thérapie. Encore que « en thérapie » entraîne une confusion. Pour paraphraser Renaud, ce n’est pas l’homme qui est en thérapie, c’est la thérapie qui se passe dans l’homme.
La thérapie n’est pas une technique, mais un processus, voire le résultat d’une démarche.

La thérapie est holistique, par vocation

Certes, le thérapeute sera un accompagnateur muni de techniques. Ces techniques n’étant que des supports, des angles de vision, des façons de cheminer qui facilitent la relation entre le praticien et le consultant. Ces manières d’approche apparaissent dans l’appellation de la pratique – par exemple, l’hypnothérapie sera une thérapie par des techniques induisant un état hypnotique ; la psychothérapie, celle par le psychisme, via le langage ; ne s’y soigne pas le psychisme en psychothérapie, mais la personne.

Pour chaque type de thérapie, il s’agit de la personne, dans sa globalité. Parce que chaque partie est en lien avec le tout. Il suffit d’imaginer un mobile en suspension. En modifier un élément – sa place, son poids -, change tout le mobile.
Le terme racoleur de « thérapie holistique » signe, au mieux, une redondance terminologique. Ce vocable « holistique » rapportant sans doute plus au Scrabble, ou avec des esprits impressionnables, que celui de « global ». Réinventer la roue ?

La thérapie, pour retrouver sa liberté

Nombre de patients, souvent im-patients, s’imaginent devoir abandonner leur liberté à une instance supposée « supérieure », ou en tout cas prétendument « sachante ». Que ce supposé « sachant » soit un thérapeute, un médecin, un Président…
Ahhh, se décharger de la responsabilité du choix, du risque de se tromper !
Préférer à la liberté, ce que j’appellerais : « le confort de la dictature ». Ne plus avoir à décider, à réfléchir, à analyser, à se déterminer. Facile, avec tous ces médias qui nous abreuvent – nous noient ? – d’un raz de marée d’opinions et de diktats de toutes ces élites auto-proclamées qui nous veulent du bien.
Il n’y a qu’à se servir. Se servir… et servir les émetteurs de ces opinions. L’opinion, qu’on peut lire « croyance », exige moins d’effort à adopter que de s’en forger une à force de connaissance, laquelle nécessite temps, investigation et volonté d’analyse, mais aussi exercice de sa liberté sur une assise individuelle solide (personnalité, éducation, culture, valeurs…)

Des spécialistes en action et non des patients passifs

À la place de ce terme de « patient », employé dans la pratique médicale, où souvent notre soumission est attendue, je préfère celui de « consultant ».
D’une part, quelqu’un venu consulter est, de fait, « consultant ». D’autre part, cette désignation est souvent attribuée à des spécialistes dont le rôle est d’auditer, c’est-à-dire examiner une situation, viser une comptabilité, émettre un jugement sur un ensemble de procédures.
En thérapie, la seule personne au fait de votre cas, celle qui vous connaît le mieux, la plus à même d’assurer l’adéquation d’une orientation avec ce que vous êtes et voulez, celle qui décide en dernier ressort, c’est vous-même.

Le thérapeute, mécanicien de la machinerie humaine ?

Pour toute thérapie, il s’agit de remettre en mouvement, de ramener à la vie.
Le consultant constate un « point mort ». Il se sent en panne.
Comme dans un véhicule, le lien est rompu entre le moteur, l’énergie de vie, et ce qui met en mouvement, qui assure l’avancée dans la vie.
La thérapie vise à ré-embrayer, afin que l’énergie soit à nouveau employée à actionner la personne – au lieu de tourner à vide et consommer du carburant sans avancer.
Attention, l’image peut sembler cantonner le thérapeute à une fonction de mécanicien. L’impression est fausse.
Il n’est que celui qui aide à faire la lumière. Dans cette image, il ne figure que l’humble loupiote, le plafonnier éclairant l’habitacle pour que le conducteur retrouve ses marques (l’emplacement de l’embrayage ?)
De même que personne n’est une machine, le thérapeute n’est pas un mécanicien. N’en déplaise à certains dirigeants néo-libéraux – comme nouvelle-liberté ?… il en existerait de plusieurs sortes ? – de nos (naguère) belles démocraties exhortant chaque con-citoyen-rouage à vite se remettre à consommer pour alimenter l’économie et sauver la Sacro-Sainte Croissance – croissance de quoi, peut-on se demander.

Le thérapeute, un humain qui aide un humain à être davantage humain – Ah, c’est répétitif ?

Le thérapeute n’est pas exclusivement un technicien.
Le consultant n’est pas un malade ou un mécanisme dysfonctionnel.
Et la thérapie est un processus où une personne désignée « thérapeute » accompagne une autre personne venue la voir, afin de l’aider à retrouver le chemin – la cohérence, la liberté, l’autonomie… – de sa propre vie satisfaisant ses critères personnels à un rythme lui convenant.
L’humain au service de l’humain.

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