De la thérapie-aspirine ?

Un problème assombrit mon quotidien… Je voudrais que ça passe comme un mal de tête, avec un ou deux cachets prescrits par un spécialiste.
Or, souvent, après une première séance où l’on sent un soulagement (réel) du fait entre autres d’avoir été entendu(e), écouté(e), sans jugement, l’on voit cette croyance renforcée : en sortant de la consultation, je vais mieux.
Cet effet est cependant le plus souvent provisoire, comme peut l’être un analgésique qui soulage de la douleur.
Un médicament anesthésique permet l’opération, mais n’est pas l’opération qui seule soulagera durablement.

Rechuter ou apprendre à mieux chuter ?

Si certaines séances font que l’on se sent mieux, il arrive qu’après certaines séances notre état semble s’aggraver. On est encore plus mal. Et l’on peut se décourager, incriminer la thérapie, la technique employée, voire le thérapeute qui aura prouvé son incompétence… incompétence à soulager immédiatement, en fait.

La progression en thérapie n’est pas linéaire. Il est habituel et normal de subir ce qui peut faire penser à des rechutes – Ça allait mieux et, vlan, ça a brusquement empiré… je ne m’en sortirai jamais !
La vie ne manque jamais de tester nos nouvelles capacités, d’éprouver notre changement.

Si « ça empire », c’est qu’un changement se produit. Comme on peut l’expérimenter aussi après une séance d’ostéopathie ou suivant une prescription homéopathique : les symptômes peuvent être momentanément exacerbés avant de diminuer notablement.
Donc paradoxalement, ça peut être un signe encourageant – après la pluie…
Or souvent, c’est le moment où un patient (im-patient ?) décide d’arrêter. C’est, en effet un passage délicat dans une thérapie.

Le thérapeute-doudou ?

Un thérapeute, n’est pas là pour soulager… à chaque séance.
Le but final de la thérapie est que l’on soit soulagé durablement sans avoir besoin de revenir chaque semaine faire sa « piqûre de rappel » chez son thérapeute.
L’objectif de la thérapie – pas celui d’une séance précise – est l’autonomie. C’est-à-dire, pouvoir se passer d’une aide extérieure, notamment de celle d’un thérapeute.

Une thérapie n’est pas « agréable »

Eh non ! Quand on retire une broche qui a eu son utilité*, mais n’est plus nécessaire, il faut rouvrir et opérer. Ce n’est pas une partie de plaisir. Pour accéder à la raison de ce qui nous fait souffrir, il faut aller y voir, tôt ou tard, et c’est inconfortable. Le mieux ne peut venir qu’ensuite.
*Un symptôme a un rôle, une fonction. Dans une certaine mesure, il répond à un besoin, d’une façon imparfaite qui se révèle problématique. Mais, il a – ou le plus souvent avait – une raison d’être. Ce qu’on appelle l’intention positive du symptôme qu’il faut prendre en compte pour trouver une solution alternative et plus satisfaisante que celle qui pose problème.

La thérapie n'est ni plaisante, ni reposante

La thérapie n'est ni "plaisante", ni "reposante"

Beaucoup de consultants se détournent de la thérapie qu’ils suivaient pour des raisons futiles ou puériles : Ça dérange et oblige à aller voir là où l’on n’a pas envie, le thérapeute n’est pas « gentil » (!)…

Entreprendre une thérapie n’est jamais une solution de facilité. C’est une question de nécessité qui exige courage et ténacité.

Qu’est-ce qui vous amène ?

Quand un consultant vient pour la première fois, il est tout de suite posé au centre du processus thérapeutique par le thérapeute : Qu’est-ce qui vous amène ? Qu’attendez-vous de votre thérapie ?
Il pourrait s’entendre demander : Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? Mais la réponse est évidente : aider. De plus, une telle question recèle un piège dangereux pour la relation à construire. Piège dans lequel le consultant pourra aisément tomber en répondant : J’attends que vous me guérissiez, me débarrassiez de ce qui me gâche la vie !
Évidemment, c’est tentant !

Le consultant est au centre de sa thérapie

Au cœur de la thérapie il y a donc ce qui pousse le consultant à consulter, son problème. Il y a aussi ce qui l’attire vers un changement, son désir, son attente.
Le problème est ce qu’il croit lui être étranger. Son attente est ce qui le motive intérieurement.
Le symptôme serait extérieur – ce qu’il m’arrive ? Et logiquement l’envie serait intérieure – ce que je veux ?
Or, les deux participent conjointement au processus, car les deux dépendent d’une même personne qu’il s’agit de réunifier – la raison de ce qu’il m’arrive est en moi, mais hors du champ de ma conscience.

Le centre, c’est bien le consultant. Car, le travail nécessaire au changement se fait dans et par le consultant. Le thérapeute est secondaire et même accessoire, en thérapie ; un accessoire peut avoir son utilité néanmoins, voire être indispensable au départ pour initier un changement.
Aussi, il est de la responsabilité de l’aspirant(e) au mieux-être de prendre soin de s’entourer des bons « accessoires » !

La thérapie est un processus,
pas un médicament (miracle)

Si, sortant d’une séance, l’on est guéri(e), cela signale soit l’achèvement du processus, soit de la magie, mais dans ce dernier cas, pas de la thérapie.
Qui dit « magie », dit « truc ». Ce n’est pas durable et l’effet, l’illusion, se dissipera plus ou moins rapidement. Cela occasionne désillusion (ça ne marche pas), désenchantement (mon cas est désespéré, il n’existe pas de solution) ou addiction (vite, une autre séance !).
Le processus thérapeutique étant interne au consultant, il arrive qu’en une séance la personne ait résolu ce qui lui posait problème. Parce que ce processus, indépendant du thérapeute – qui est un accompagnateur, un « facilitateur » -, était déjà à l’œuvre AVANT la séance et qu’il aura suffit au consultant de ce dernier coup de pouce – la goutte d’eau qui fait déborder le vase – pour l’achever.

Désolé mais, non, la thérapie express n’existe pas… en tant que technique.

Il est possible et tentant de croire au miracle : l’effet apparemment express d’une thérapie. Pourquoi pas ?
Mais croire ne dispense aucunement de s’engager, de déployer effort et pugnacité, lucidement.

 

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