(page provenant du site www.psychobiotherapie.com – fév. 2010 – auteur : Jean-Philippe Dumoulin)

La douleur est un mécanisme complexe.

Son but premier est l’alerte : quelque chose ne va pas dans l’organisme. Elle peut être provoquée par de multiples causes que nous ne détaillerons pas de manière exhaustive. Elle permet à la personne d’arrêter un geste (fracture, entorse…), de protéger une zone de son corps (brûlure, coupure…), de demander un diagnostic et l’aide de la médecine (pathologies diverses). En regard de cet effet salutaire, elle peut induire des comportements de protection indûment prolongés et provoquer des mécanismes d’évitement aussi bien au niveau physique (en créant de nouvelles douleurs dues à de mauvaises positions) qu’au niveau psychologique (de peur de revivre des situations déclenchantes).

La douleur est une construction à plusieurs étages qui se compose du souvenir de la douleur passée, de la douleur présente, et de l’anticipation de la douleur à venir.

Elle peut être aussi l’interprétation exacerbée d’une sensation dans une région anciennement et longuement douloureuse.

Elle a comme origine potentielle la peur et l’anxiété. La réflexion malheureuse d’un soignant, la lecture des effets iatrogènes d’un médicament ou la croyance dans le fait qu’un rétablissement ne peut s’obtenir sans douleur peut l’induire et l’ancrer.

La prise en charge de la douleur.

Bien sûr, la première des choses, en cas de douleurs vives ou chroniques, est la prise en charge par les médecins qui pourront en diagnostiquer l’origine et prescriront des traitements adaptés pour soulager le patient. Au-delà de cette prise en charge médicamenteuse, l’accompagnement du sujet va lui permettre de poser son regard sur les différents aspects de ses sensations douloureuses, de bien analyser leurs composantes physiques et psychologiques, les croyances qui y sont associées et de les faire évoluer.

Exemples :

Lors d’une réunion de famille, Mme Dent se plaint d’une douleur qui tire et qui serre après une opération dentaire, de plus elle n’a pas ses médicaments antalgiques sur elle. Après un moment de discussion à bâton rompu et sachant qu’elle est férue de vocabulaire, je lui demande si chaque mot possède un antonyme. Si le contraire de serrer est indubitablement desserrer quel serait l’inverse de tirer. Nous passons quelque minutes sur la recherche des antonymes du mot tirer et quelles nuances ils apportent à ce verbe (relâcher, pousser, détendre…). Au cours du repas qui suit immédiatement je constate qu’elle mâche vigoureusement sans éprouver de gêne particulière et le lui fait remarquer. Ce cas montre deux grands principes de la prise en charge non médicamenteuse de la douleur :

  • La définition la plus précise possible de la sensation physique est-elle sourde, lourde, pesante, vive, coupante, piquante, à type de torsion, brûlante (chaude ou froide), dure, grinçante, battante, tenaillante, irradiante, pinçante, pressante (pression)… ;
  • La captation de l’attention sur un sujet passionnant la personne. Combien de fois nous est-il arrivé d’avoir un mal de tête ou une douleur quelconque que nous ne ressentions plus pendant et après avoir vu un film ou une émission passionnante ;
  • La transformation des qualifiant de la douleur si possible en leur contraire.

Les mêmes processus sont employés dans les métaphores. Dans l’exemple suivant, Mme Tête se plaint d’un type particulier de maux de tête. Je lui demande de me construire une image de ce qu’elle ressent. « C’est comme une planète entourée d’astéroïdes qui la serre et c’est froid…». Mise en état de relaxation légère, je décris mot pour mot la situation d’une planète à des milliards d’années lumières… le grand calme serein du grand vide interstellaire… une comète heurtant un des satellites de cette planète et le carambolage qui s’en suit libérant la planète qui pouvait enfin recevoir les rayons bénéfiques de son soleil, la sensation de s’ouvrir vers l’extérieur, la légèreté, la chaleur…

La prise en charge hypnotique de la douleur.

Parfois, la prise en charge médicamenteuse s’avère insuffisante du fait de contre-indications ou le médecin diagnostique une douleur psychosomatique, il peut alors prescrire des séances d’hypnose. Actuellement, l’hypnose est reconnue comme étant l’une des indications les plus utilisées dans le complément des traitements antidouleur.

L’anesthésie totale est difficile à obtenir, elle exige une formation spécifique et nécessite un apprentissage poussé. Par contre, le soulagement partiel peut être obtenu en quelques séances, l’état d’hypnose multipliant l’efficacité des métaphores et ouvrant d’autres possibilités dues à cet état particulier de conscience. De plus avec un entraînement à l’autohypnose, le sujet pourra mieux gérer sa douleur au quotidien.

Que ce soit par l’hypnose ou d’autres exercices, il est possible de diminuer les sensations douloureuses de manière à réduire les doses d’antalgiques pour un plus grand confort des personnes souffrantes.

Étiquettes : , , ,

Les commentaires sont fermés.