J’ai reçu dernièrement un mail d’une personne m’ayant choisi comme thérapeute.
Après avoir rédigé une réponse assez étoffée, je terminai par : « (…) ce que vous évoquez est extrêmement courant et pourrait intéresser d’autres personnes en recherche comme vous d’une détente plus efficace dans leur façon d’être. Je mettrai peut-être votre questionnement (de façon anonyme !) et ma réponse sur mon site. Cela pourra les éclairer... »

Or donc, voici l’essentiel de l’interrogation à propos de nos séances, suivie de mon retour :
« Est-il possible que ça fasse remonter certains souvenirs à la surface ?
Depuis quelques temps je ne fais que penser à mon ancien patron et je ne comprends pas pourquoi.
J’ai toujours cette peur de me faire virer.
Je me mets énormément de pression de vouloir bien faire également, et après je fais l’inverse.
J’ai l’impression qu’en ce moment je me bloque moi-même et je ne comprends pas pourquoi. »

Histoire, souvenirs et émotions

La démarche thérapeutique peut, bien sûr, faire « remonter certains souvenirs à la surface ».

Nous fonctionnons notamment en fonction de notre histoire et de la façon dont nous nous sommes construits au cours de notre existence – donc avec nos souvenirs, justement.
La plupart de nos réactions n’ont pas d’explications évidentes et conscientes. Elles sont motivées par nos émotions.
Comme j’ai dû vous le dire, peut-être : lorsque nous ressentons une émotion nous sommes connectés à notre passé.

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Un stimulus externe
active une réaction interne

Le fait que vous pensiez à votre ancien patron semble illustrer cette réalité.
Une stimulation externe « renvoie » intérieurement à un état particulier.
Par exemple, se retrouver en situation similaire à un événement où, par le passé on a pu ressentir une émotion forte, surtout si elle était pénible, nous branche sur un ensemble de choses intérieures qu’on a pu associer inconsciemment : ressenti émotionnel + souvenirs + croyances et jugement, et éventuellement réaction (geste, parole, fuite, prendre un « rôle »…)

Je ressens (RE-sens),
dans un contexte qui RE-présente quelque chose pour moi
et à quoi je suis tenté(e) de réagir (RE-agir).

Il s’agit d’un phénomène ultra-habituel de confusion entre ce que l’on vit dans l’instant et ce que l’on a vécu, c’est-à-dire éprouvé, dans son « passé tel qu’on le conçoit ».

Revenir au présent

La première chose à faire dans ce cas est de réaliser que cette émotion vient du passé et qu’elle est sans rapport avec ce que vous vivez dans le présent. MÊME SI une part de vous ne peut s’empêcher d’éprouver un ressenti émotionnel qui charrie un ensemble de pensées, croyances et jugements – « je risque de me faire virer. »
Puis, il s’agit de revenir dans le présent, par le corps et ses perceptions : sensations, mouvements automatiques (respiration, équilibre). Amener consciemment de la détente et prendre conscience, ici et maintenant, de tout ce qui ce passe – je vois, j’entends, je sens -… SANS INTERPRETER !

La sensation corporelle
signe d’un ressenti émotionnel

Et il est possible de sentir ce qu’amène physiquement le ressenti désagréable de façon purement sensorielle en laissant de côté les pensées qui l’accompagnent ; elles sont faussées – en tout cas, inutiles pour le présent – car elles appartiennent au passé.
En fait, on peut donc aussi s’appuyer sur les ressentis corporels du stress qui sont apparus (crispations, respiration retenue, boule dans le ventre, épaules remontées etc.) pour revenir dans l’instant présent. En en prenant conscience avec nos sens et avec la respiration, on peut laisser se détendre ce qui est tendu, crispé, retenu, si l’on voit ses pensées comme étant des « pensées-souvenirs » sans utilité pour ce que l’on a à faire, ici et maintenant.

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