(page provenant du site www.psychobiotherapie.com – mars 2010 – auteurs : Christian Flèche & Philippe Lévy)

Christian Flèche est Infirmier D. E., thérapeute, Master en P. N. L., chercheur des nouveaux chemins de la thérapie, praticien en Métaphores et formateur pluridisciplinaire. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur le Bio-décodage dont « Mon corps pour me guérir », « Décodage biologique des maladies »… aux éditions le Souffle d’Or.
Philippe Lévy était Heilpratiker, ostéopathe et formateur en thérapies psycho-corporelles et en Bio-Décodage. Il a mis en place de nouveaux modèles de thérapie afin de faire de nos limites un tremplin vers de nouvelles expériences. Il est l’auteur de « Décodez votre sexualité » aux éditions le Souffle d’Or et co-auteur, avec Christian Flèche des « Protocoles du retour à la santé » aux éditions le Souffle d’Or.

Les transversales de la guérison ou les ingrédients d’une thérapie efficace

Lorsque nous nous sommes rencontrés, nous avons commencé à explorer des particularités assez spécifiques ; tous les deux, nous connaissions la théorie du décodage biologique mais, notre réalité quotidienne en tant que praticiens nous demandait d’aller plus loin. Notre recherche, notre partenariat s’est organisé autour de cela ; passer de la théorie à la pratique. Il nous fallait être encore plus opérationnels afin de défaire, concrètement, le conflit de chacun. Voilà l’essentiel qui nous a habité. C’est alors que nous avons écrit ensemble l’ouvrage Protocoles de retour à la santé car nous avons voulu mettre par écrit le résultat de six ans de pratique commune.

L’objectif du thérapeute est, avant tout, de mettre en lumière le processus de guérison. Pour comprendre la guérison, il faut pleinement intégrer ce que sont l’entrée en maladie et le passage à la guérison.

Nous vous proposons d’aborder ici les six critères de guérison que des chercheurs ont mis en évidence.

Même s’il existe de nombreuses pratiques thérapeutiques, environ 400 formes différentes, dont le décodage biologique, il semblerait qu’une thérapie soit meilleure que les autres ; on l’appelle la thérapie transversale.
A chaque fois qu’il y a changement, guérison ou transformation, la thérapie transversale a encore frappé !

Avant d’aborder les six critères, voyons deux notions préliminaires au processus thérapeutique :

La loi du 30% ou l’effet placebo

Il a été déterminé que l’effet placebo permet une amélioration des symptômes de 30%, quelle que soit la technique concernée. L’effet placebo ne concerne pas seulement l’effet positif et immédiat de tel ou tel remède, de telle ou telle technique ; on peut dire qu’il débute dès que la relation thérapeutique se met en place ; et une relation thérapeutique bénéfique est une relation qui correspond, consciemment et inconsciemment, à l’image que l’on se fait d’un bon thérapeute.

L’image du thérapeute

Nous avons chacun une image personnelle, une définition interne du bon thérapeute.
Quelle est la vôtre ?
Un thérapeute, pour moi, devrait être :

  • un homme ? une femme ?
  • De quelle corpulence ?
  • De quelle taille ?
  • De quel âge ?
  • Avec quelles qualités ? quels défauts ?

Décrivez les caractéristiques de ce thérapeute sur une feuille et laissez-le apparaître.
Alors, à quoi ressemble-t-il ?
Pouvez-vous sentir sa présence à côté de vous ?

Si l’on met en conscience nos attentes, nos fantasmes, nos projections, peut-être des surprises nous attendent-elles…

1 – La relation thérapeutique

Le premier point important, parmi les six critères, est donc la qualité de la relation thérapeutique ; c’est-à-dire un thérapeute que l’on rencontre dans un cadre précis et qui propose un service précis dont l’objectif est le soin, quelle que soit la technique qu’il utilise.
Cette relation devra être intense, émotionnelle et de confiance. Elle comprendra un échange clair où chacun des protagonistes est gagnant (par exemple donner de l’argent en échange d’une compétence).

2 – La présence d’un modèle explicatif

Le deuxième point qui ressort de cette analyse est l’utilisation d’un modèle explicatif. Peu importe le modèle mis en jeu, l’important ici est surtout d’en proposer un afin de permettre au patient de s’y retrouver, de s’y reconnaître… qu’il s’agisse de transgénérationnel, de décodage ou de thème astral…
Le plus important est que ce modèle rende compte de la souffrance du patient.

Modèle, mythe ou métaphore ?

Un modèle est un ensemble de concepts organisés dans une logique interne, forte, afin d’expliquer et de mettre du sens sur des phénomènes multiples, variés et confus.
Chaque modèle possède sa logique interne. Le décodage biologique s’explique par le décodage biologique, le transgénérationnel par le transgénérationnel, la kinésiologie par la kinésiologie, l’allopathie par l’allopathie…

Les problèmes commencent lorsqu’un modèle tente d’en expliquer un autre. Cette entreprise est souvent vouée à l’échec. Comment, par exemple, le modèle allopathique pourrait-il expliquer le modèle kinésiologique ?

Il y a le modèle psychanalytique avec la première topique de Freud : l’inconscient, le conscient, le subconscient. Les gens sont rassurés et savent qu’il y a un inconscient. Quand on a dit ça, on n’a rien dit, mais au moins, il y a un mot. La deuxième topique : le Sur-moi, le Moi et le Ça met du sens, organise, explicite, même si ce n’est pas forcément vrai, mais c’est un modèle comme il y a celui du décodage biologique. Quelquefois, il y a cette tentation juvénile, adolescente, de dire « mon modèle, c’est le meilleur »…

Un mythe

Un mythe est une histoire imaginaire comme le mythe d’Œdipe ou de Narcisse ou un événement réinterprété comme la sortie d’Égypte, la résurrection du Christ… et dont la structure et le message moral implicite permettent de mettre du sens à un phénomène incompréhensible par lui-même.
Par exemple, Freud rencontre un homme qui parle de manière sensuelle de sa mère et il fait le lien avec le mythe d’Œdipe.
Dans toute famille thérapeutique, il y a des mythes fondateurs. Dans le décodage biologique, Hamer relate l’apparition de son fils après sa mort. Le fils de Hamer va lui apparaître par trois fois pour lui révéler, lui transmettre l’héritage qui est le premier titre de l’ouvrage Fondements de la médecine nouvelle. Le mythe fondateur, c’est l’apparition de son fils Dirk qui explique le DHS, les phases de la maladie et la tripolarité psycho-cérébro-organique.

Une métaphore

La métaphore est le fait de transposer dans un autre domaine sensoriel un phénomène comme une maladie, un trouble du comportement, un échec professionnel ou affectif…
Si quelqu’un a un cancer, on prend la métaphore suivante : ce sont des cellules qui ont un comportement anarchique, ce sont des soldats qui viennent détruire votre foie, vos poumons… L’épilepsie est comme un orage dans un ciel serein. Un problème de couple est l’occasion de monter une marche. Ce sont des métaphores qu’apporte le thérapeute.
Il y a d’autres thérapeutes, comme le Professeur Israël, qui disent que le cancer est une énergie de vie. C’est une autre métaphore. Pour d’autres, un problème de couple renvoie à ce que nos parents ou nos ancêtres n’ont pas pu vivre dans leur vie. Nous sommes comme les acteurs d’une pièce de théâtre dramatique ou comique mais, le problème, c’est que les écrivains de cette pièce sont vieux d’un ou deux siècles !

Peut-être pouvez-vous commencer à entendre que, selon la métaphore, la conséquence n’est pas la même ?
Que selon le modèle, les conséquences ne sont pas les mêmes ?
Que selon le mythe que nous avons, toute cette explication, ce sens donné à la maladie, eh bien, les conséquences sont différentes ?

3 – Intégrer de nouvelles conceptions

Un homéopathe évalue un type de terrain, un acupuncteur fait un diagnostic énergétique afin de déterminer des fonctions en carence et en excès. Quelles que soient les informations que le praticien transmet à son patient, l’important est qu’il propose un cadre conceptuel dans lequel le patient puisse se reconnaître.
Les nouvelles informations ou conceptions doivent concerner :

  • la nature de son trouble,
  • l’origine de son trouble,
  • les stratégies proposées pour gérer son trouble.

4 – Accéder à son ressenti

Au fur et à mesure que la description de ce qui se passe en soi est rendue possible, la douleur – ou le mal-être ou la confusion ou ce qui vous préoccupe – commence à diminuer. Cela diminue au fur et à mesure qu’est exprimé assez précisément ce que l’on ressent. Si j’évoque de façon générale ou intellectuelle ce qui se passe en moi, je n’ai pas beaucoup de changement. Mais si, réellement, j’extériorise ce qui se passe à l’intérieur de moi comme si c’était une caméra ou quelque chose qui s’observe à l’intérieur, à ce moment-là, j’ai une modification de mon ressenti.
Au fur et à mesure que j’examine ce ressenti, je vais commencer à faire un lien avec quelque chose de mon histoire. Ce lien va être que, tout d’un coup, je mets un sens entre ce qui se passe maintenant et finalement ce qui s’est passé dans mon histoire ; le lien, c’est que la nature de mon ressenti est le même. Ce qui se passe en moi, maintenant, est en fait un écho sensoriel exact de ce qui s’est déjà passé dans mon histoire de vie. Dès que je mets ce lien dans cet écho sensoriel, je modifie en profondeur, un peu plus encore, ce ressenti. A ce moment-là, j’accède à un nouveau cadeau qui est le lâcher-prise.
Pour que je puisse lâcher prise, il faut que je franchisse toutes ces étapes. Le lâcher-prise, c’est quelque chose qui se lâche, en fait, à l’intérieur de moi. J’ai pu être avec, l’amplifier, lui donner un sens et ce sens-là m’a mis en lien avec quelque chose précis de mon histoire. A ce moment-là, mon inconscient n’a plus besoin d’être inconscient et je peux lâcher prise par rapport à cette information.

Qu’est-ce que je perçois dans ce lâcher–prise ?
Une espèce d’énergie nouvelle qui se remet à circuler à l’intérieur de moi.

Quelle est la différence entre un ressenti agréable et un ressenti désagréable ?
Quand on fait de la thérapie, on est souvent face à des ressentis désagréables ou, a priori, un peu difficiles.
Mais dans la vie on a aussi des ressentis agréables ; si je suis à table et si j’apprécie un bon plat, je peux ressentir la qualité de ce plat ; si je regarde un beau paysage, je peux être juste devant ce paysage et l’apprécier.
La différence entre l’agréable et le désagréable est simple : pour un ressenti agréable, si je continue à le percevoir, il s’amplifie et j’accède à plus de plaisir. Je sens que, progressivement, ce plaisir m’appartient et grandit en moi, sauf si, dans mon histoire, j’ai un interdit au plaisir.

Quand je suis dans un ressenti désagréable, il faut que, progressivement, je le modifie afin qu’il cesse d’être désagréable et commence à devenir agréable. Finalement, grâce à ce conflit, je me sens mieux maintenant. Le ressenti désagréable n’est plus désagréable.
Un bonheur partagé augmente de moitié ; un malheur partagé diminue de moitié. Un malheur qui n’est pas partagé augmente du double. Un bonheur qui n’est pas partagé diminue de moitié aussi. Si vous partagez sans cesse un malheur, il diminuera jusqu’à ce qu’il disparaisse.

En résumé, les étapes du ressenti sont :

1. Apparition et reconnaissance de son ressenti
Sensation plus ou moins présente de mal-être interne

2. Acceptation et amplification
Le ressenti se développe naturellement

3. Développement et spécificité dans l’ici et maintenant
Au fur et à mesure que le ressenti apparaît, je perçois chacune de ces modifications en moi

4. Prise de conscience
Je comprends le lien entre maintenant et l’origine de mon ressenti

5. Circulation interne, lâcher-prise
Sensation de libération d’énergie, d’équilibre et de bien-être

6. Réorganisation globale
Repos, détente, bâillement, soupirs…

5. Éveil de l’espoir

L’observation suivante concerne la guérison : éveiller l’espoir. C’est un thérapeute qui dit à son patient de ne pas s’en faire parce que ça ira mieux demain… C’est un thérapeute qui porte en lui une évidence ; il porte à l’intérieur de lui la confiance en les ressources de l’inconscient de son patient.

Une histoire de grenouilles…

Voici l’histoire des grenouilles qui voulaient monter en haut de la Tour Eiffel. Certaines sont restées en bas parce qu’elles se sont dit que la Tour Eiffel, c’est haut. D’autres montent. Celles qui sont restées en bas leur crient de redescendre car elles n’y arriveront jamais. Les grenouilles qui montent entendent les grenouilles restées en bas et ça les décourage car elles pensent qu’elles ont raison. Elles sont fatiguées et elles abandonnent une à une. Une seule continue et elle arrive tout en haut. Les grenouilles qui sont restées en bas sont stupéfaites. Quand elle redescend, les autres grenouilles lui demandent comment elle a fait pour arriver en haut. C’est alors que la grenouille leur dit : « Hein ? Qu’est-ce que vous dites ? ».
En fait, elle était sourde !
Ça veut dire que le thérapeute est porteur de cette confiance infinie qui est dans les ressources inconscientes.

6 – Expérimenter une amélioration

Le dernier point va être d’expérimenter une amélioration. En fait, en expérimentant une amélioration, on augmente la confiance que l’on a dans le thérapeute et on est dans le cercle vertueux : à chaque fois que l’on perçoit une amélioration, non seulement, l’impact du thérapeute est plus fort, donc plus aidant, mais en même temps, on découvre que l’on a de nouvelles possibilités de changement intérieur.
Comme nous sommes tous vivants, nous avons tous, consciemment ou inconsciemment, guéri des choses. Les patients ont le plus souvent conscience du verre à moitié vide, des souffrances et des difficultés ; c’est bon de les ramener au verre à moitié plein, à ces expériences de guérison spontanée expérimentées seul(e) ou avec un thérapeute.

Conclusion

Nous avons donc abordé les six critères de guérison thérapeutique qui portent sur :

  1. l’importance de la relation thérapeutique,
  2. la proposition d’un modèle explicatif,
  3. L’intégration de nouvelles conceptions,
  4. L’accès à un ressenti spécifique,
  5. L’éveil de l’espoir,
  6. L’expérimentation d’une amélioration.

Thérapeutes, quelle que soit la technique que vous utilisez, soyez vraiment vigilants : si cette technique marche, c’est que, probablement, ces six points sont intégrés dans cette technique !

Pour finir, une dernière métaphore…

C’est l’histoire d’un enfant qui va au cirque. Il passe à côté d’un éléphant, très gros qui est attaché à un piquet, tout petit. L’enfant se dit qu’il y a un truc parce qu’il suffit à l’éléphant de lever la patte pour s’échapper. L’éléphant tourne autour du piquet. L’enfant demande à un adulte pourquoi l’éléphant ne s’en va pas. L’adulte lui répond que l’éléphant doit être heureux ici.

Non. L’éléphant est triste et tourne en rond. L’enfant a la croyance que les adultes ont réponse à tout : il demande à un autre adulte. Pour l’autre adulte, l’éléphant est bien car on lui donne à manger. Mais l’enfant n’est pas satisfait et il sent qu’il y a une autre raison. Un éléphant a besoin de liberté, d’espace ; il pourrait trouver de la nourriture ailleurs. L’enfant a l’intuition qu’il y a une autre réponse quelque part. Un jour, il rencontre un homme ou une femme, je ne sais pas. Cet homme ou cette femme écoute les questions de l’enfant, non pas en restant debout, mais en s’asseyant à côté de l’enfant. Il est au même niveau que l’enfant. Il l’écoute sans donner de conseils, sans intervenir. Une fois qu’il l’a entendu, il lui propose sa métaphore, son modèle, son mythe :
– Est-ce que tu crois que cet éléphant a toujours été un gros éléphant ?
– Non, il a été comme moi, comme mon petit frère, comme ma petite sœur, il a été tout petit.
– Tu vois, cet éléphant, on ne l’a pas attrapé hier. Il était tout petit quand on l’a attaché à ce piquet qui était gros pour lui. Toute la nuit, il a voulu tirer sur le piquet avec sa patte. Le lendemain, il a tourné autour du piquet pour s’échapper, mais il était retenu. Il a essayé de déterrer ce piquet, il a essayé de casser la chaîne, mais rien n’y fit. Il a essayé pendant un jour, deux jours, une semaine. De temps en temps, il se décourageait, mais il essayait encore et encore, mais rien n’y fit. Il a commencé à déprimer ; de temps à autres, il essayait, mais il déprimait de plus en plus longuement. Il a commencé à ne plus y croire et puis, un jour, il a cessé d’y croire. Il n’a plus jamais essayé.

(article co-écrit par Philippe Lévy et Christian Flèche)

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